le blogue de Béatrice Vaugrante

Coutumes, droits, femmes : cherchez l’intrus.

Posted in Uncategorized by béatrice vaugrante on 14 mars 2013

AI caravan on Maternal Mortality in Burkina FasoLes défis qu’il reste à surmonter en matière d’élimination et de prévention des violences à l’égard des femmes et des filles sont encore énormes. Alors que ce problème universel cause des millions de victimes chaque année, y compris dans les pays les plus développés et parmi toutes les couches sociales, on pourrait au moins s’attendre à sa condamnation officielle, claire et unanime de la part des États. A plus forte raison, à l’occasion de la session annuelle de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme, un rassemblement international d’une ampleur inédite, on imagine légitimement l’univocité et la cohésion des efforts, ainsi que la contribution positive des pays inscrits à cette session.

Pourtant, le Vatican, l’Iran et la Russie, entre autres États, s’efforceraient de diminuer la portée d’un passage du communiqué final que l’ONU espère faire adopter. Cette partie énonce que la religion, les coutumes ou les traditions ne sauraient servir de prétexte à un gouvernement pour échapper à son obligation de lutter contre les violences à l’égard des femmes. Ces mêmes participants refuseraient également que les relations sexuelles qu’un homme impose à son épouse soient considérées comme un viol.

En plein lancement de sa campagne « J’aime mon corps. J’aime mes droits » sur le respect des droits sexuels et reproductifs, Amnistie internationale Canada francophone redit d’autant plus clairement sa condamnation sans réserve des violences perpétrées contre les femmes et les filles. Il est de la responsabilité des États et des leaders mondiaux, entre autres acteurs, de prendre les mesures concrètes et nécessaires pour mettre un terme aux atteintes aux droits sexuels et reproductifs des femmes partout dans le monde. La discrimination et les violences dont elles sont victimes, à tous les niveaux de la société et dans toutes les régions du monde, constituent une négation manifeste de leurs droits fondamentaux. Le mariage d’enfants – chaque année, dix millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans – viole entre autres leur droit de disposer de leur corps et de décider librement de leur avenir.

En 2014, les pays membres des Nations unies réviseront le Programme d’action du Caire, adopté en 1994, lors de la Conférence internationale sur la population et le développement. Ce plan d’action consacrait de façon inédite les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles comme droits inaliénables. De quoi parle-t-on? Les femmes ont le droit de:

  • prendre des décisions concernant leur santé, leur corps, leur vie sexuelle,
  • demander et recevoir des informations sur les services de santé, y compris sur la planification familiale,
  • décider si elles veulent des enfants, quand et avec qui
  • choisir si elles veulent se marier, quand et avec qui,
  • accéder à une planification familiale, une contraception, des services de santé maternelle et d’avortement sûrs et légaux
  • vivre à l’abri du viol et de toute autre forme de violence

Malheureusement, l’égalité des genres et les droits sexuels et reproductifs des femmes sont menacés par certains gouvernements conservateurs et quelques organisations et groupes confessionnels, visiblement résolus à freiner les efforts pour que la lutte contre les violences faites aux femmes se traduise sur le terrain par la mise en place de mesures concrètes.

En février 2008, Nojoud Mohammed Ali Nasser, une jeune yéménite, a été mariée par son père à un homme de 20 ans son aîné. Elle a confié avoir été battue et abusée sexuellement par son mari. Sa famille a refusé de l’aider.

« Il me faisait de mauvaises choses, je n’avais aucune idée de ce qu’est un mariage. Je courrais d’une pièce à l’autre pour m’échapper mais à la fin il m’attrapait et me frappait et il continuait de faire ce qu’il voulait. Je pleurais beaucoup mais personne ne m’écoutais, un jour je me suis enfuie jusqu’au tribunal où j’ai raconté mon histoire ».

Elle a finalement obtenu son divorce. Elle était âgée de 9 ans.

 

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