le blogue de Béatrice Vaugrante

Je vous présente le Prof. Akotionga

Posted in Uncategorized by béatrice vaugrante on 23 septembre 2010

Nous arrivons à la clinique de la première Dame (épouse du président) tenue par le Professeur Akotionga. La clinique offre des soins médicaux à la moitié du prix de ce qui se pratique ailleurs. Il arrive donc chaque soir entre 17h et 22h à rencontrer une vingtaine de femmes. La salle d’attente est pleine. Il est entouré de beaucoup de personnes le sollicitant, son cellulaire sonne constamment. Monsieur âgé à lunettes très jovial, il sourit, répond à tout le monde tout en nous invitant à le suivre vers son minuscule bureau de gynécologie et obstétrique.

Je l’avais rencontré au printemps à Montréal, nous avions été tous les 2 conférenciers au colloque de la société des gynécologues et obstétriciens du Canada (SGOC). Il est lui-même président de la société des obstétriciens et gynécologues du Burkina. J’avais eu le droit à une présentation médicale assez complète des ravages de l’excision, qui peut prendre de multiples formes. Certaines ne laissent qu’un petit trou pour uriner, on découd pour l’accouchement et on recoud par la suite…et des accouchements dans la vie d’une femme burkinabé, il y en a.

Il travaille depuis les années 90 à combattre la pratique de l’excision, avec le soutien de la SGOC entre autres, et de la Première Dame en particulier. "Beaucoup de choses ont changé, je me souviens qu’on nous accueillait avec des pierres dans certains villages" nous raconte-t-il. Il poursuit : "Une fille non excisée ne pouvait même pas être enterrée , donc on l’excisait avant d’annoncer son décès". Éducation et l’implication du président interpellant les chefs traditionnels ont permis des résultats : il nous dit que maintenant 43% des femmes et filles sont excisées mais seulement 4% des  filles de 0 à 5 ans.

Il nous dit que la Première dame est en charge d’exécuter le plan stratégique concernant la santé maternelle. D’ailleurs cette semaine avait lieu une formation du personnel médical sur la santé maternelle. Le volet droits humains était inclus, attaché à la santé sexuelle et reproductive. Je suis curieuse d’en connaitre le contenu et Christian de AI Burkina se promet de faire le suivi avec la personne du WILDAF, (organisation non gouvernementale en Afrique de l’Ouest sur les droits des femmes et le développement) qui l’a donné.

Le professeur est bien informé du travail d’Amnistie sur la santé maternelle au pays. Nous parlons des leçons apprises lors des ateliers de formation sur les droits sexuels et reproductifs. Entre autres, il faut démonter les perceptions entourant la contraception et du personnel médical devrait être sollicité. Il nous réitère son appui et c’est très utile. En le remerciant pour son temps, il nous répond : "Mais non, mais non, c’est moi qui vous remercie, vous travaillez pour nos filles et nos soeurs".

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